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Genèse :
« Une histoire simple : enfant de parents voyageurs, amoureux de l'Orient
(Vietnam, Laos, Cambodge), épouse d'enseignant "migrateur" (Cambodge, Pakistan, Inde, Japon),
ma peinture reflète certes les multiples cultures, mais elle porte avant tout
ma propre vision de l'Art, ma popre "marque de fabrique".
Après avoir célébré la monde figuratif, celui-ci m'a porté subrepticement
vers le monde de l'abstraction : je suis tombée à l'intérieur de moi... »
Marie Fossard
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Dans ses pérégrinations à travers l’Extrême-Orient, Marie
Fossard s’est approchée de cultures multiples. Art khmer tout
d’abord pendant son adolescence, auprès de son père régisseur à
la Conservation des temples d’Angkor, et avant le déferlement
des nuées rouges d’assassins. Lors de longs séjours au Pakistan,
en Inde, au Japon, la rencontre d’autres modes d’appréhension de
l’univers ont affiné son sens du subtil et de la poésie, la
conduisant vers l’étude de la calligraphie chinoise et de la
technique de peinture à « la feuille d’or » au pays du soleil
levant.
Enrichie de ces métissages orientaux, elle ne cherche pas moins
à renouer avec partie de ses racines, occidentales cette fois
(n’hésitant pas à reprendre des cours de peinture et de
sculpture aux Beaux-arts de Rouen). Sur cette planète, quiconque
reste vivant, n’est-il pas un éternel étudiant ?
En son lumineux atelier de la rue des Bons Enfants à Rouen, nous
découvrons des peintures éclaboussées de lueurs électriques,
ondulations du Grand Barattement dans lequel s’organise le
verbe, peigne passé dans la chevelure des vagues, rides
fluorescentes des mers du Sud. Impermanence.
Des alphabets répétés, psalmodiés comme des mantras? Les pleins
et déliés vibrent d’une énergie positive, restituant une idée de
la sérénité. Voyelles et consonnes dérivent en couleurs : Correspondances
renvoyant aux musiques-chromatiques rimbaldiennes, (..) «
vibrements divins des mers virides ».
Art de contemplation active, en plein devenir, plaisir
génésiaque des découvertes ou redécouvertes des paradis perdus,
Marie Fossard nous cite Baudelaire : « C’est un bonheur d’être
étonné, c’est un bonheur de rêver ». Puis elle ajoute : « C’est
un bonheur de peindre ».
J-P M
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